Aromanquoi ?

Quand je dis à un mec que je suis aromantique

Depuis le début de l’automne, je suis à nouveau officiellement célibataire.

Je dis officiellement, parce que je crois qu’au fond de moi, je me suis toujours considéré comme célibataire en sursis durant l’année qu’a duré cette dernière relation.

Pourquoi ? Parce qu’au fond de moi, et depuis plus d’un an justement, mûri l’idée que je pourrais être aromantique.

Quand j’aborde le sujet avec un mec, en général, ça ne manque jamais : il me parle de romantisme, de dîner aux chandelles et de vie de couple. Là n’est pas le sujet. En fait, l’aromantisme, qui est un terme un peu queer-millenial désigne cette situation où le ne ressent peu ou pas de sentiments amoureux, d’attirance amoureuse vers les autres. Cela peut concerner tout le monde, et se décline aussi en « grayromantic » et autres joyeusetés qui ouvre un peu le champ binaire du « amoureux » VS « pas amoureux ».

Forcément, je suis toujours un peu sceptique avec ces concepts et mots-valises qui fleurissent plus vite que les filtres Snapchat. En même temps, ils ont le mérite d’apporter une réponse à une incompréhension et un sentiment (encore un !) de marginalité et de différence. Le risque, évidemment, c’est de se remettre dans une petite case, sous son étiquette, sans en sortir…

Pour autant, l’idée de l’aromantisme m’a vraiment aidé à sortir de cette phase d’abord de pseudo déprime (à base de ouin ouin je vais finir seul avec 36 chats), puis de recherche à tout va d’un partenaire durable. 8 ruptures en deux ans, nous revoilà au point de départ … presque : j’ai maintenant l’assurance que oui, je ne tombe pas ou peu amoureux. C’est peut-être temporaire, et cela changera peut-être avec une belle rencontre. Mais je ne la recherche pas particulièrement, et je ne me stigmatise pas tout seul parce que je ne rentre pas dans le moule.

Et je crois que c’est aussi une des forces de ce qui fait la communauté LGBT, au-delà de son propre rapport à la tolérance (j’y reviendrai sans doute dans un autre article), mais l’idée d’acceptation de soi et d’affirmation, voire d’empowerment. De pouvoir se dire : voilà qui je suis, ce n’est peut-être pas la « norme » ni la majorité, mais c’est mon identité, mon individualité, et tout va bien.

Maintenant, j’ai encore des mecs qui me disent « oui, mais c’est que tu n’as pas trouvé le bon, encore ». Ma première réaction c’est de me dire « wow, c’est exactement ce que ton parent homophobe te dirait si tu lui disais que tu étais gay … », ce qui m’interroge encore sur les questions de tolérance de la communauté (…) ; mais je ne peux pas m’empêcher de me dire que oui, peut-être – et d’espérer en un sens que cela arrivera, un jour. Parce que partager quelque chose d’intime, de profond, d’inconditionnel, c’est aussi important et humain. Mais en même temps… la liberté m’importe plus, pour l’heure, que ça.

Les choses se feront avec le temps.

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