Fuis-moi, je te suis

C’est quelque chose que j’ai rencontré quelques fois, et qui ne cesse de m’interroger, sinon de m’émerveiller. Cet espèce de syndrome de l’indécis, ou du mytho, je ne sais pas trop.

Je ne sais pas si ça vous est déjà arrivé, mais pour ma part, voilà quelques fois que je me retrouve dans la situation suivante :

  1. Je discute avec un mec, normal. D’emblée, il me plait beaucoup, alors je me contiens et je la joue désinvolte (à venir, un petit guide de séduction). On discute tranquillement, il se montre à son tour intéressé, et on prévoit une rencontre.
  2. Là, deux solutions : A) le mec annule au dernier moment, après s’être montré plus qu’intéressé et s’être investi dans la discussion – bon, je suis déjà souvent assez WTF ?; soit B) la rencontre a lieu, se passe (très) bien et se conclue plus ou moins chaleureusement.
  3. La discussion reprend, après avoir échangé quelques banalités sur la rencontre, l’autre lâchant souvent un message adorable allant d’un « j’aurais voulu t’embrasser … » à un « vivement la prochaine fois ! ». Dans tous les cas, on conclue sur la nécessité absolue de se revoir, tout naturellement.
  4. C’est l’étape du drame : le mec est soudainement distant, indispo à répétition puis ne répond plus.
Moi quand je vois que mes deux derniers messages sont bien « lus » après l’étape .

Forcément, à ce stade, je suis dans l’incompréhension.

En premier lieu, la conclusion du mytho semble la plus simple. Mais elle pose aussi son lot de questions : pourquoi cet effort ? pourquoi ce faire semblant ? Souvent que lors d’une rencontre, c’est l’occasion de décrypter, un peu, l’autre, dans son comportement et ses attitudes. Ou alors, on passe dans le registre du pervers narcissique et manipulateur…

Ensuite, je me dis que, peut-être, le garçon en question a fait une rencontre heureuse et n’a pas donné suite de ce fait. En vérité, ça m’est déjà arrivé quelques fois. Dans ce cas, je regrette, comme souvent, le manque de couilles de ceux qui se prétendent actifs et qui n’ont même pas la décence de simplement dire « ah, j’ai rencontré quelqu’un, je mets le reste en standby, bye » – auquel cas un désolé n’est même pas requis, à vrai dire, car c’est une bonne nouvelle pour lui puisque nous n’avons pas les mêmes attentes.

Mais, finalement, aucune de ces solutions ne semblent satisfaisantes, et je suis toujours plongé dans la perplexité. D’autant qu’il y a un vague sentiment d’humiliation, et de colère – envers moi-même, et envers lui. Envers lui parce qu’il me laisse dans cet état sans plus de justification, et envers moi car je me laisse atteindre par des choses qui, je le pensais, n’aurait pas dû m’atteindre. L’humiliation, en un sens, car le sentiment de s’être fait manipulé, de s’être laissé avoir : souvent, alors que j’efforce de contenir mon entrain initial (avec parfois trop de succès), c’est lui qui insiste pour faire tomber les barrières et m’attirer dans son jeu (pervers ?), avant de tout faire capoter de lui-même. Et de me retrouver bête devant l’écran du téléphone qui ne s’allume plus, face à mon échec, et béat devant la plasticité des sentiments, ou de ma capacité à être déçu par quelque chose qui n’est même pas arrivé et que je ne souhaitais peut-être même pas, mais qui quand même m’atteint.

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