L’amant – David #1

Moi quand je réfléchis à ma relation avec David

Pour entamer ces articles, et même séries d’articles dans la mesure du possible, concernant ces hommes que je vois de façon plus ou moins régulière, l’évidence était de vous parler de David (oui, je changerai volontairement les prénoms de tous ces innocents).

Quarantenaire marié (avec un homme), un profil à première vue assez expéditif et très sex-oriented : voilà la première image que j’ai eu de lui, sur l’une de ces appli que je fréquente. Un descriptif assez sommaire, surtout physique (avec une mention XL que je note soigneusement), et l’impression d’un mec assez simplement en quête de (bon) sexe. Son visage n’est pas le plus charmant du coin, mais une petite lueur dans ses yeux retient mon attention : un air de défi, et de confiance, qui me rappelle quelqu’un… Je clique, le contacte, et nous échangeons quelques lignes. Le rendez-vous est fixé à la semaine suivante.

Le jour J, je m’inquiète un peu de n’avoir pas de nouvelles – les « lapins » restent rares, mais quand même… Il me donne son numéro, finalement, une demie heure avant le rendez-vous fixé, alors que je capte mal et que je commence à me dire que le tout va tomber à l’eau. Je rentre chez moi, me prépare et repart dans l’autre sens pour le retrouver en ville.

Il arrive, finalement, un peu après moi, conforme à ses photos (ouf!) : un peu plus grand que moi, plutôt carré, une barbe de trois jours et un look masculin – oui, j’achète. Nous avançons vers le Marais, non pas pour s’arrêter dans un bar gay (dont j’ai horreur), mais parce qu’il a en tête une adresse de restaurant jap. Peut-être un jour me lancerai-je dans un article, une ode aux makis … Enfin, l’argument était le bon pour moi!

Nous nous installons donc pour un dîner aussi romantique que la déco aseptisée de ces restaurants le permet, et du reste autant que l’autorise le cadre de notre rencontre. C’est là une vraie garantie pour moi que de rencontrer des mecs en couple, à différents degrés d’engagement : la certitude que nous ne cherchons tous deux rien de sentimental. Et, parfois, cela ouvre la porte à un moment de partage à plusieurs, ce qui n’est pas pour me déplaire. Mais passons, car les makis s’enchaînent et les invectives aussi.

Car oui, là où je suis surpris, c’est par l’esprit de David : moi qui imaginais, un peu par dépit, un rendez-vous assez simple et des échanges… cordiaux, disons, j’ai en face de moi un compétiteur intelligent, qui manie le sarcasme et la taquinerie passive-agressive. Je le sens charmé, également, à mesure qu’un sourire se dessine sur ses lèvres et que nous échangeons quelques rires. Je crois que la bonne surprise fut réciproque, lui s’attendant peut-être à un jeune lambda à qui il ferait mordre l’oreiller, mais sans plus. Mais là, j’analyse à la lumière de la suite, me direz-vous. Et mon humilité en prend un coup!

Nous terminons le repas après une petite heure tous les deux, et il est évident que nous voulons tous les deux un peu plus de temps en compagnie de l’autre. Il me propose donc d’aller boire un verre – évidemment, les terrasses sont bondées en ce mois d’octobre, et le poids des regards me fatigue bien assez vite. Habilement, il suggère, toujours sur un ton nonchalant, de prendre ce verre chez lui. Je fais mine de réfléchir et d’hésiter, puis j’accepte – je n’aime pas donner l’impression que la bataille est déjà gagnée, et le ton est donné, du reste, avec David, de ce genre d’échanges taquins.

Nous marchons donc jusque chez lui, un peu plus au nord, profitant de l’absence de son mari. Parfois, j’aimerais prendre en photo les appartements que je visite ainsi, pour établir une typologie de l’appartement de gay quarantenaire – souvent de bon goût, refait à neuf et redécoré, digne d’un magazine de déco. Nous partageons quelques verres de blanc sur son balcon, poursuivant nos discussions passées.

Le temps passe, les regards s’échangent et je sens les conversations se tarir doucement – non pas qu’il n’y ait rien d’autre à dire, mais parce que nous sentons bien l’alchimie poursuivre son travail. Il finit par m’embrasser, fermement mais tendrement, et nous finissons rapidement par découvrir le corps de l’autre à mesure que les caresses invitent les vêtements à disparaître. Son torse, poilu sans excès, large et fort, sans qu’on y distingue des muscles trop dessinés – mais que l’on sent bien présents -, m’ouvre l’appétit. Le bas tombe dans la foulée, révélant en effet la méritée mention XL que j’avais gardé dans un coin de ma tête. Un argument qui finit de me mettre à genoux, où c’est un véritable plaisir pour moi de lui faire plaisir. Un intérêt apparemment partagé : nous finissons dans la chambre d’amis, où nous poursuivons nos affaires; mais si sa queue est tout à fait à mon goût (pas trop longue, mais suffisamment large), il semble lui aussi captivé par mon anatomie et commence donc à me dévorer l’arrière-train. Une pratique que j’apprécie mais qui n’est jamais évidente et pas au goût de tous, d’ailleurs : un bon point quand elle est offerte, et bien faite, comme c’est le cas avec David.

Là, sur ce lit, j’ai tout loisir pour le regarder et admirer son corps bien charpenté, un homme beefy, en fait, comme je les aime. La suite s’enchaîne en douceur, mais avec passion, et son expérience est mise au profit d’un début de pénétration quasi indolore – ce qui est somme toute plutôt rare avec ce genre d’engin. C’est là, je pense, que se dessine pour moi l’image d’une alchimie sexuelle quasi parfaite : nous aimons, semble-t-il, la même chose, le même genre de rapport, la même dynamique … Endurant, égoïste (positivement, car il me semble que le sexe n’est que la rencontre de deux égoïsmes) mais attentif, David se trouve être un très bon partenaire et le plaisir est total de mon côté, sans accroc. Nous jouissons tous les deux, allongés sur le dos, repus et silencieux un temps. Et puis nous reprenons sur un ton toujours taquin, pour profiter d’une douche à deux, tout aussi sensuelle que ce qui a précédé, et je capte son regard sur mon corps, et son sourire.

C’est malgré tout l’heure de se rhabiller, car la soirée traîne en longueur et que je ne veux pas m’imposer chez mon partenaire après cette première « rencontre » – même si je sens que cela se fera par la suite… Mais chaque chose en son temps.

Nous nous embrassons, ses mains baladeuses s’éternisent un peu mais je finis par briser notre étreinte, sur un ton impétueux qui, je commence à le comprendre, lui plait tout à fait, et m’éclipse dans l’escalier, guettant une remarque des voisins après le bruit que j’ai pu faire quelques minutes plus tôt – mais rien, sinon le craquement du vieux bois, et ma descente se termine sans encombre et je suis prêt à rentrer.

Sourire aux lèvres, sensation de bien-être et encore vaguement excité, le retour se fait sur un petit nuage, qui se conclue à mon arrivée chez moi par un message de David, me souhaitant une bonne nuit, emoji bisou-coeur, et le souhait d’une prochaine rencontre. Que j’appelle de mes vœux aussi : une compagnie agréable, et un partenaire qui pourrait rester dans mes annales. Affaire à suivre, donc, et homme à travailler au corps pour le rendre totalement addict.

En marge

Moi alimentant mon narcissisme.

En général, et de façon absolument originale, je me suis toujours senti un peu à part dans ma vie. Différent, en bien comme en mal, de mes camarades, mes collègues, mes homologues. Aujourd’hui, je me dis que je retrouve un peu ça dans mes relations.

Cela a commencé avec la scolarité. Avoir un an d’avance à partir du collège a généré une espèce de distance avec mes « petits camarades »; d’abord physique (d’autant que c’était la période où je me découvrais homo petit à petit), mais aussi mentale, voire intellectuelle. Et, étrangement, je pensais être en retard, en décalage dans le sens où j’aurais été le plus jeune, donc avec moins de maturité, d’expérience… Finalement, les années collège et lycée m’ont juste donné l’idée que j’aurai dû avoir plus d’avance, pour enfin être avec des gens qui me comprendraient.

Je crois qu’en un sens je n’ai fait jamais fait de crise d’ado. Ou plutôt à l’inverse. Alors qu’autour de moi s’organisaient les premières soirées et ces moments de sociabilité, presque obligatoires pour s’intégrer dans le moule de la vie lycéenne, je comprenais à nouveau que c’était quelque chose qui ne m’intéressait pas. Au-delà de l’interdit sur l’alcool me concernant (j’y reviendrai peut-être plus tard), c’était aussi la rencontre de ma timidité et, d’une certaine façon, mon mépris, pour ceux que je déconsidérais, et estimais immature, donc inintéressant. A l’inverse, je me suis plutôt recrée cette proximité via internet et les jeux, en ligne, avec des gens de tout âge, mais souvent plus vieux. Était-ce les prémices ?

Finalement, le raccord s’est fait lors des études, où j’ai (enfin) rencontré des gens avec lesquels me raccrocher. Bon, évidemment, rien de systématique, et finalement certains groupes sont toujours passés à la trappe dans mes cercles d’amis; notamment, les groupes de mecs, hétéros, amis de plus ou moins longue date, avec lesquels je me suis toujours senti mal à l’aise, entre le jugement (des deux côtés, je pense), et presque une forme de compétition viriliste, où j’aurais eu à m’affirmer comme autant homme qu’eux. Bref, j’ai donc rencontré des amies au cours des mes études, et ce fut un soulagement de me dire qu’enfin, j’appartenais à un groupe et que je n’étais plus tant un outsider que par le passé.

Aujourd’hui, je retrouve un peu ce sentiment d’être en marge sur les applis (celles de rencontre, je ne parle pas de Candy Crush ou de celle de la SNCF).

D’abord, il y a, encore, le facteur âge. A l’origine, je rencontrais essentiellement des mecs de mon âge, mais petit à petit cela a basculé vers la trentaine, puis la quarantaine… Et les limites sont floues, aujourd’hui. Ce qui est clair, en revanche, c’est que je me retrouve assez peu dans les garçons de ma tranche d’âge. Il n’y a qu’à partir de 30 ans que je sens émerger des atomes crochus et des discussions effectivement intéressantes. Avant, tout n’est que maladresse dans l’approche, incertitude dans la recherche et énergie, soit du désespoir, soit de la passion quasi-adolescente, d’une relation éphémère qui se consume en quelques jours. Alors oui, j’assume complètement aujourd’hui chercher plutôt des mecs – en fait, des hommes – plus vieux que moi, et, le monde étant bien fait, eux retrouvent aussi un critère de jeunesse chez moi qui leur convient. Malgré tout, la question de cette différence demeure et je m’interroge régulièrement sur le sens à donner à cela. Une interrogation renforcée quand je réponds par la négative à mes camarades de la vingtaine, et qui trouvent un aspect dégoûtant, dégradant dans ce genre de relation. En attendant, j’y trouve mon compte, et le doute se dissipe à mesure que le verre dérape.

Ensuite, il y a la question de la finalité de ma présence sur les applis. En résumant, on pourrait distinguer 3 catégories aux contenus plus ou moins clairs :

  • Ceux qui ne sont là que pour du sexe, instantané, sans superflu dans l’échange et straight tout the point;
  • Ceux qui cherchent du sérieux, désespérément, et pour lesquels j’ai un peu de peine;
  • Et puis tous les autres, aux profils variés, allant « je discute et j’avise » à « open rencontres », ce qui laisse un éventail assez important de possibilités.

Dans cette dernière catégorie (dans laquelle finalement je rentre), j’ai toujours le sentiment qu’on n’y retrouve pas les bonnes personnes. Déjà, car pour une partie d’entre eux, il y a quelque chose de pas assumé mais qui perce assez vite au fil d’une discussion, et qui les fait en fait basculer dans la recherche d’un plaisir rapide, ou bien d’une relation sérieuse. A l’inverse, ceux qui disent ne chercher qu’un plan (ou que du « sérieux ») se découvrent parfois des envies autres. Je pense même qu’une partie de ces mecs qui ne disent ne chercher que du sexe pour le sexe sont en fait dans une position défensive, où ils ne veulent pas s’offrir la possibilité de quelque chose qui, finalement, serait vraiment décevant. Bien sûr, ils sont aussi là pour la bonne chair, mais qui serait presque par moment un substitut, une occupation pour tromper l’ennui et la solitude; et peut-être aussi guérir un mal d’amour, un défaut dans sa capacité à plaire vraiment, en tant qu’être entier, à quelqu’un d’autre ?

Je pars là en pure spéculation et je généralise à grands traits, mais tout cela pour dire que ce sentiment de non appartenance que j’ai vécu une bonne partie de ma vie se retrouve sur les applis. Parce que tout est codifié, encore plus en un sens au sein de la communauté qu’à l’extérieur, il est difficile de s’identifier quand on ne rentre pas dans les clous. C’est pour cela que j’apprécie le concept d’aromantisme, comme je l’exprimais, mais aussi celui d’anarchie relationnelle qui, en un sens, me convient bien. L’idée que je peux nouer des relations qui ne sont pas en « compétition » les unes par rapport à autres, qui ne sont pas ou peu hiérarchisées pour ma part, et surtout qu’elles me permettent d’être moi-même et d’explorer des relations nouvelles, uniques, toutes différentes dans leur nature.

Forcément, quand j’essaye d’expliquer ne serait-ce qu’une trame de ce que serait ma « recherche » sur les applis, je ne récolte que l’incompréhension, voire le dédain, le mépris, l’insulte (« ah ouais en fait t’es une sacrée pute lol » (sic)). Parce que tout est étiqueté, pré-pensé et, en un sens, pré-jugé, sortir de cette norme déboussole, interroge, énerve. Pour ma part, je ne peux m’empêcher de considérer que je suis dans le juste (qui a dit que narcisse était loin ?), et que tout serait plus simple, et mieux, si chacun prenait le temps de se laisser porter par ses envies, s’écouter un peu et se faire plaisir, profondément (jeu de mot non voulu).

En fait, il m’est arrivé de rencontrer des mecs qui ne cherchaient qu’un plan, comme on dit. Et qui finalement était plutôt très contents (voire trop) d’avoir plus, et d’avoir une relation plus complète, ou tout du moins plus naturelle que ce qu’ils avaient pu chercher en règle générale. Globalement, et au-delà du sexe, je pense que c’est aussi ce qui plait à un certain nombre de mes partenaires, qu’il y ait, justement, une relation – qui n’a pas forcément à avoir de nom, mais qui n’est pas simplement celle d’un plan cul, éphémère ou régulier, et qui ne soit pas non plus cette recherche d’un compagnon de vie. Quelque chose, aussi, où l’on n’est pas en train de se vendre, de se donner à voir sous son plus beau jour car on poursuit un but autre; donc un naturel qui plaît (car, le tri opérant, on aura écourté les autres prétendants non intéressés, il faut le dire), et qui mène à des bonnes découvertes.

De « weirdo » à séducteur, je crois que le plus grand apprentissage sera de cultiver cette originalité et cette distinction. Les choses seraient plus simples, c’est certain, dans un monde moins normatif – et quoi qu’on en dise, je pense que la communauté LGBT l’est bien plus, dans ses vices, que le « monde extérieur ». Si chacun pouvait faire un pas de côté et sortir de ses habitudes de pensée, peut-être irait-on vers du mieux !

Fuis-moi, je te suis

C’est quelque chose que j’ai rencontré quelques fois, et qui ne cesse de m’interroger, sinon de m’émerveiller. Cet espèce de syndrome de l’indécis, ou du mytho, je ne sais pas trop.

Je ne sais pas si ça vous est déjà arrivé, mais pour ma part, voilà quelques fois que je me retrouve dans la situation suivante :

  1. Je discute avec un mec, normal. D’emblée, il me plait beaucoup, alors je me contiens et je la joue désinvolte (à venir, un petit guide de séduction). On discute tranquillement, il se montre à son tour intéressé, et on prévoit une rencontre.
  2. Là, deux solutions : A) le mec annule au dernier moment, après s’être montré plus qu’intéressé et s’être investi dans la discussion – bon, je suis déjà souvent assez WTF ?; soit B) la rencontre a lieu, se passe (très) bien et se conclue plus ou moins chaleureusement.
  3. La discussion reprend, après avoir échangé quelques banalités sur la rencontre, l’autre lâchant souvent un message adorable allant d’un « j’aurais voulu t’embrasser … » à un « vivement la prochaine fois ! ». Dans tous les cas, on conclue sur la nécessité absolue de se revoir, tout naturellement.
  4. C’est l’étape du drame : le mec est soudainement distant, indispo à répétition puis ne répond plus.
Moi quand je vois que mes deux derniers messages sont bien « lus » après l’étape .

Forcément, à ce stade, je suis dans l’incompréhension.

En premier lieu, la conclusion du mytho semble la plus simple. Mais elle pose aussi son lot de questions : pourquoi cet effort ? pourquoi ce faire semblant ? Souvent que lors d’une rencontre, c’est l’occasion de décrypter, un peu, l’autre, dans son comportement et ses attitudes. Ou alors, on passe dans le registre du pervers narcissique et manipulateur…

Ensuite, je me dis que, peut-être, le garçon en question a fait une rencontre heureuse et n’a pas donné suite de ce fait. En vérité, ça m’est déjà arrivé quelques fois. Dans ce cas, je regrette, comme souvent, le manque de couilles de ceux qui se prétendent actifs et qui n’ont même pas la décence de simplement dire « ah, j’ai rencontré quelqu’un, je mets le reste en standby, bye » – auquel cas un désolé n’est même pas requis, à vrai dire, car c’est une bonne nouvelle pour lui puisque nous n’avons pas les mêmes attentes.

Mais, finalement, aucune de ces solutions ne semblent satisfaisantes, et je suis toujours plongé dans la perplexité. D’autant qu’il y a un vague sentiment d’humiliation, et de colère – envers moi-même, et envers lui. Envers lui parce qu’il me laisse dans cet état sans plus de justification, et envers moi car je me laisse atteindre par des choses qui, je le pensais, n’aurait pas dû m’atteindre. L’humiliation, en un sens, car le sentiment de s’être fait manipulé, de s’être laissé avoir : souvent, alors que j’efforce de contenir mon entrain initial (avec parfois trop de succès), c’est lui qui insiste pour faire tomber les barrières et m’attirer dans son jeu (pervers ?), avant de tout faire capoter de lui-même. Et de me retrouver bête devant l’écran du téléphone qui ne s’allume plus, face à mon échec, et béat devant la plasticité des sentiments, ou de ma capacité à être déçu par quelque chose qui n’est même pas arrivé et que je ne souhaitais peut-être même pas, mais qui quand même m’atteint.

Aromanquoi ?

Quand je dis à un mec que je suis aromantique

Depuis le début de l’automne, je suis à nouveau officiellement célibataire.

Je dis officiellement, parce que je crois qu’au fond de moi, je me suis toujours considéré comme célibataire en sursis durant l’année qu’a duré cette dernière relation.

Pourquoi ? Parce qu’au fond de moi, et depuis plus d’un an justement, mûri l’idée que je pourrais être aromantique.

Quand j’aborde le sujet avec un mec, en général, ça ne manque jamais : il me parle de romantisme, de dîner aux chandelles et de vie de couple. Là n’est pas le sujet. En fait, l’aromantisme, qui est un terme un peu queer-millenial désigne cette situation où le ne ressent peu ou pas de sentiments amoureux, d’attirance amoureuse vers les autres. Cela peut concerner tout le monde, et se décline aussi en « grayromantic » et autres joyeusetés qui ouvre un peu le champ binaire du « amoureux » VS « pas amoureux ».

Forcément, je suis toujours un peu sceptique avec ces concepts et mots-valises qui fleurissent plus vite que les filtres Snapchat. En même temps, ils ont le mérite d’apporter une réponse à une incompréhension et un sentiment (encore un !) de marginalité et de différence. Le risque, évidemment, c’est de se remettre dans une petite case, sous son étiquette, sans en sortir…

Pour autant, l’idée de l’aromantisme m’a vraiment aidé à sortir de cette phase d’abord de pseudo déprime (à base de ouin ouin je vais finir seul avec 36 chats), puis de recherche à tout va d’un partenaire durable. 8 ruptures en deux ans, nous revoilà au point de départ … presque : j’ai maintenant l’assurance que oui, je ne tombe pas ou peu amoureux. C’est peut-être temporaire, et cela changera peut-être avec une belle rencontre. Mais je ne la recherche pas particulièrement, et je ne me stigmatise pas tout seul parce que je ne rentre pas dans le moule.

Et je crois que c’est aussi une des forces de ce qui fait la communauté LGBT, au-delà de son propre rapport à la tolérance (j’y reviendrai sans doute dans un autre article), mais l’idée d’acceptation de soi et d’affirmation, voire d’empowerment. De pouvoir se dire : voilà qui je suis, ce n’est peut-être pas la « norme » ni la majorité, mais c’est mon identité, mon individualité, et tout va bien.

Maintenant, j’ai encore des mecs qui me disent « oui, mais c’est que tu n’as pas trouvé le bon, encore ». Ma première réaction c’est de me dire « wow, c’est exactement ce que ton parent homophobe te dirait si tu lui disais que tu étais gay … », ce qui m’interroge encore sur les questions de tolérance de la communauté (…) ; mais je ne peux pas m’empêcher de me dire que oui, peut-être – et d’espérer en un sens que cela arrivera, un jour. Parce que partager quelque chose d’intime, de profond, d’inconditionnel, c’est aussi important et humain. Mais en même temps… la liberté m’importe plus, pour l’heure, que ça.

Les choses se feront avec le temps.

À la Une

Et pourquoi pas ?

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Parce qu’au commencement, ce blog n’existait pas, il me semblait utile de revenir sur sa genèse. 

Pourquoi ce blog ? Pour faire simple, pour partager des histoires, des réflexions et aventures quotidiennes. Rien de bien exaltant, me direz-vous – oui, sans doute, même si parfois, au détour d’une discussion, une bonne surprise attend… La vie d’un jeune « actif », homo, à Paris depuis peu et célibataire à nouveau.

Forcément, l’ensemble est un peu narcissique. Mon goût pour la narration et la mise en scène m’ont souvent valu l’attention, sinon le rire, de mes amis lorsque je leur racontais l’une de mes péripéties; fatalement, j’y ai pris goût et l’idée de partager ces quelques tranches de vie divertissantes ne me semblait pas délirante.

Alors oui, ça parlera beaucoup de cul. Je ne m’en cache pas, le célibat m’aura au moins rappelé à mon hédonisme astrologique. Une envie, sinon un besoin, de nouvelles rencontres, qui ne se limiteraient pas à un niveau platonique. De cul, mais aussi ces rencontres. L’amour de l’homme, du mâle, de l’humain et de ce qu’il renferme : autour d’un verre, à travers un baiser ou dans un lit, les situations sont multiples mais le maître mot reste le plaisir. Le désir n’est jamais très loin, et il est certain que ma passion pour la séduction guide mes pas. Le challenge, aussi, et mon rapport à la victoire, voire à la performance, qui m’exalte quand je sens l’autre vaciller, ses yeux s’iriser et sa tête plonger vers la mienne.

Des mecs, oui, mais pas que. Quitte à écrire, ici, à des inconnus, autant partager aussi des pensées qui me traversent, des réflexions qui fusent et, peut-être, ouvrir un espace de dialogue. J’essaierai, en tout cas, et resterai à l’écoute, malgré la formalité de cet exercice de style.